mardi 2 juin 2009

Colonia del Sacramento (Uruguay)















Palmiers, soleil et tôle rouillée, vous êtes en Uruguay

Ne l'oublions pas, Buenos Aires est un port, qui donne sur un des estuaires les plus vastes au monde, celui du Rio de la Plata. Et puisque de l'autre coté, se trouve l'Uruguay, on ne résiste pas à l'envie de voir un nouveau pays (et de collectionner un nouveau tampon dans nos passeport). On achète donc deux billets pour le ferry et en route pour une journée d'excursion.

Bon, il y a quand même 3h de trajet, et la journée est déjà bien entamée quand nous débarquons à Colonia, minuscule cité qui a la particularité d'avoir présenté si peu d'intérêts lors des siècles passés que personne n'a jamais songé à l'envahir ni a démanteler ses remparts du 16ème siècle, ni même à macadamer ses ruelles plusieurs fois centennaires. On se balade donc dans ce musée à ciel ouvert, où le tourisme a permis à une bonne partie des habitants de se consacrer à leur dons artistiques, réels ou prétendus.
















Nous passons donc une belle journée, troublée seulement par quelques averses rafraichissantes, dans l'ignorance la plus totale de l'Uruguay "réel".

Au retour, l'orage annoncé par les averses de l'après-midi nous rattrape et c'est au milieu d'éclairs déchirant l'immense étendue d'eau trouble séparant les deux pays que nous mettront plus de 5h pour rentrer à bon port.

Puerto Madryn et la péninsule Valdès

Nous quittons Buenos Aires pour un voyage de 19h en car, direction le sud pour découvrir une réserve faunique exceptionnelle.

Heureusement, comme dans la plupart des cars que nous avons pris en Argentine, le confort est exceptionnel, bien loin de nos standards habituels: sièges inclinables et très larges, repas à bord, les heures de route à travers la morne pampa défilent et on arrive (presque) reposés à destination.

La ville la plus proche de la réserve n'a pas beaucoup de charme, elle sert essentiellement de base pour l'exploration de cette région, qui marque le début de la Patagonie sauvage. Petite ambiance de station balnéaire au rabais, glaces énormes et restaurants pour touristes.
Puerto Madryn
La Péninsule Valdes

La réserve en question s'étend sur l'ensemble de la péninsule Valdes, soit plus de 5000 kilomètres carrés. La plupart des touristes la visitent en groupe, à bord de minibus qui font escale au différents sites autorisés, la plupart de la superficie de la réserve étant interdite
d'accès pour préserver le milieu dans lequel évolue animaux marins, terrestres et oiseaux.

Nous décidons de louer une voiture, et nous prenons possession de notre magnifique véhicule rouge, sous les supplications du loueur qui nous enjoins de faire attention aux pistes caillouteuses. C'est mal connaitre mon aptitude nouvellement acquise sur les routes des Vallées Calchaquiès!

Nous partons à 7h le lendemain matin, et nous passons la journée à traquer manchots, éléphants de mer, lions de mer, nandus et quirquinchos. La cerise sur le gateau étant le spectacle d'un orque se jetant sur le rivage afin de croquer de jeunes lions de mer, tentative couronnée de succès au vu de la nuée de goélands tournant au dessus des flots rouges.
Les Lions de Mer
Quirquincho
Les Manchots
Nandu
L'orque

Nous rentrons de nuit, les yeux encore pleins de ces merveilles, étourdis de soleil et de vent, un gout d'iode dans la bouche et l'impression de s'être confrontés à quelque chose de grand, de beau, qui existe depuis des temps immémoriaux, et dont le futur semble plus que jamais compromis...

Buenos Aires

Les articles qui viennent risquent d'être un peu plus concis que les précédents, mais vous aurez au moins une idée de la fin de notre périple...

Notre étape de 5 jours à Buenos Aires s'est finalement transformé en une semaine complète, la ville étant tellement grande et intéressante. La capitale de l'Argentine est vraiment immense, et laisse une impression d'une grande ville européenne, au moins dans les quartiers touristiques du centre. Ces quartiers sont très différents, et reflètent bien les différentes vagues d'immigrations.


Quelques impressions, impossible de résumer une semaine d'exploration de ce dédale de rues scarifié par d'immenses avenues, sillons tracés au détriment des anciens bâtiments, et de leurs occupants: la plus grande serait la plus large avenue du monde, trois blocs de large pour plusieurs kilomètres de long...


San Telmo : quartier bobo en plein essor, 50% d'antiquaires et 50% de boutiques de fringues branchouilles hors de prix, même pour notre pouvoir d'achat européen. Un petit reste d'atmosphère artistique, un petit vent de liberté qui s'essouffle peu à peu, mais qui sauve la ballade.


La Boca : îlot touristique noyé dans un des quartiers les plus pauvres et plus dangereux de la ville. On y restera que quelques minutes, le temps de voir des hordes de touristes se presser pour manger dans des restos trois fois plus chers que dans le centre, au milieux d'autres touristes, tous ravis de se faire déverser dans les oreilles des décibels de tango et d'acheter des tableaux made in china typiques d'artiste locaux, à un jet de pierre des bidonvilles.


Retiro : le quartier qui à force de parisianisme a finit par concentrer tous les défauts de la capitale française, hôtels de luxe et bijouteries, mais pas un supermarché, ni un bistrot où se reposer.



Puerto Madero : l'ancien quartier du port, mal famé il y a encore 10 ans, mais dont on a expulsé les pittoresques sans-abris et autres marins en vadrouille, pour rénover les deocks en une succession de restos branchés, et naturellement hors de prix.


La réserve Naturelle...










Les Porteños ont la chance de profiter d'une réserve naturelle aux portes de la ville. Cet immense parc a été gagné sur le fleuve, et est vierge de tout agitation ou construction. On quitte avec soulagement l'enfer urbain tout proche pour aller se balader le long des berges, au milieux des roselières et des petits oiseaux.





Vous l'aurez compris, Buenos Aires s'apprécie hors de sentiers battus, loin des convenances touristiques. Cette ville se savoure à chaque coin de rue, dans les quartiers décrépis pas encore boboïsés, dans les petites échoppes où règne un joyeux bordel, dans son minuscule quartier chinois, dans les marchés couvert dont l'hygiène douteuse des étals conjure le spectre de l'européanisation forcée, au risque de perdre ce qui fait l'âme de cette ville, profondément argentine sous sa couche de vernis tape-à-l'œil, golden boys gominés et fausse rolex au poignet.

lundi 27 avril 2009

Intermède...

Bonjour à tous ceux qui nous suivent!
Voilà des nouvelles fraîches: nous sommes actuellement à Québec, Canada, où nous finalisons l'achat d'un véhicule pour poursuivre notre périple.
Avant d'arriver en Amérique du Nord, nous avons parcouru le Chili, la Bolivie, et le Pérou, mais en raison des possibilités limitées de connexion internet, le blog n'a pas vraiment été tenu à jour.
Nous continuons donc avec du retard à vous relater la partie sud-américaine du voyage, en espérant que nous arriverons à vous donner un aperçu presque en "temps réel" pendant les prochains mois...

lundi 6 avril 2009

Puerto Iguazu

Trêve de leçons d'histoire, nous nous dirigeons maintenant vers une des merveilles du monde naturel, les Chutes d'Iguazu, et accessoirement la Mecque du tourisme argentin. Ayant pour ma part (Victor) déjà visité les chutes du Niagara, j'avais encore en tête le souvenir , atrocement défigurées par tout ce que le mercantilisme a pu jeter de pire de part et d'autre du site.
Les Argentins ont-ils plus de considération pour leur patrimoine naturel? Au final, l'impression est mitigée....
Puerto Iguazu est une ville de carton pâte uniquement destinée à être le point de convergence des touristes qui ne viennent dans cette partie isolée de l'Argentine que pour voir les chutes. Tant pis.


Mais heureusement, le site est plutôt bien mis en valeur. Les infrastructures, qui effrayent un peu en arrivant, sont totalement invisibles des chutes. Malgré l'heure matinale, a laquelle le car nous emmène, l'entrée du site est plein. Une fois passé l'entrée, la plupart des touristes s'arrêtent tout de suite aux boutiques de souvenir et aux snacks qui forment la première ligne de l'immense machine touristique. De ce point, plusieurs sentiers et un petit train écologique (il fonctionne au gaz naturel !) mènent aux chutes, distantes de quelques kilomètres. Nous marchons dans l'épaisse végétation, en espérant apercevoir quelques animaux exotiques, mais le sentier pavé ainsi que les deux greluches américaines qui nous précèdent en jacassant nous font vite oublier nos rêves d'explorateurs de la jungle.

Nous décidons d'aborder les chutes par le dessus: une passelle de 500 metres de long avance au-dessus du fleuve, jusqu'à une échancrure appellée "Gorge du Diable". A cet endroit, le fleuve est très calme et peu profond, mais des caïmans et les restes d'une précédente passerelle emportée par une crue nous rappellent que la nature reste sauvage.


C'est presque un choc quand, sans que l'on s'y attende, la surface du fleuve semble se déchirer sous nos pieds. Tout le long d'un arc de 3 km, le fleuve se précipite 80 mètres plus bas, dans un fracas assourdissant. Les eaux du fleuve se divisent en plusieurs cataractes qui se rejoignent plus bas dans un nuage d'écume. Nous sommes totalement dépassés par cette cathédrale aux piliers liquides, qui hurle un cantique à la gloire des forces de la nature. Ce n'est pas un hasard si les indiens Guaranis l'ont divinisé: M'Boi, le dieu-serpent, qui s'écoule paresseusement mais qui, un jour de colère à déchiré le lit du fleuve d'un coup de queue.


Le reste de la visite se fera en explorant les différentes pistes qui parcourent les environs des chutes, permettant d'avoir différents points de vue. A part des oiseaux et un serpents, nous croiserons quand même des animaux (presque) sauvages: des petites troupes de coati, qui viennent effrontément quémander auprès des touristes.


En sortant, nous croisons beaucoup d'indiens qui vendent des petites figurines en bois grossièrement sculpté, serpents, coatis, jaguar, oiseaux... Ces hommes, ces femmes avec leurs bébés sur leurs genoux, n'ont pour seule subsistance que le produit de cet artisanat naïf, vendant des images de leurs divinités, pendant que les descendants de ceux qui les ont dépossédés de leurs terres font de même, mais à une toute autre échelle.

dimanche 5 avril 2009

San Ignacio et les Missions Jésuites

Le lendemain matin, nous partons pour San Ignacio, petit village qui serait ignoré de tous sans la présence d'une des ruine les plus singulières du continent: la mieux conservée des anciennes missions jésuites. Ce tas de pierres arraché à la jungle se trouve en plein milieu du village, et est la cause d'un incessant va et vient touristique, et une manne inespérée pour les habitants. La plupart des touristes débarquent en car "double-deck" grand luxe, sont jetés hors de leur cocon réfrigéré pour être amené en troupeau devant l'entrée du site où un guide leur baragouinera en spanglish tout ce qu'il faut pour épater tata ginette au retour. Quand la température desdits touristes semble monter dangereusement, on les remet prestement dans leur frigo, et hop, direction Iguazu ou Buenos Aires.

San Ignacio, son traffic, son animation, sa joie de vivre

Afin de ne pas déroger à notre condition de "touriste oui mais on va essayer que ça se voit pas trop", on décide de faire fonctionner l'économie locale en prenant une chambre dans une pension du village. Raté pour la couleur locale, le lieu est tenue par une vieille allemande immigrée ici avec sa fille. Par contre, bonne pioche pour le logement, c'est pour le moment la chambre la moins chère et la plus agréable du séjour.
Pour ceux qui se demandent quel peut bien être l'intérêt de visiter une mission en ruine (à part d'avoir un tampon sur la carte fidelité "Patrimoine Mondiale de l'Humanité" fournie par l'UNESCO), je crois qu'un petit point d'histoire s'impose. Ceux qui ont vu le film "Mission" avec De Niro peuvent en profiter pour aller aux toilettes ou se préparer un sandwich.

Début du XVI siècle: l'Empire Espagnol soumet les Indiens au régime de l'Encomienda. Les terres sont attribuées à des riches propriétaires, qui ont la tâche d'évangéliser, souvent par la force, les barbares païens qui ont vécu de la-dite terre depuis des millénaires. Pour les remercier, les abominables sauvages sont tenus de se mettre à son service, et triment dans les mines et dans les champs 12 heures par jour sept jour sur sept.
1580: Malgré la générosité du deal, les révoltes indiennes se font plus fortes et atteignent leur paroxysme. Le Paraguay est ingouvernable, et en 1609 ce service est aboli, mais pas l'impôt royal. Pour sortir de ce bourbier, on fait appel aux Jésuites, présents depuis 1549 dans la région.

Le nouveau système est le suivant: les Jésuites sont autorisés à fonder un État aux confins des fleuves Paraguay et Parana. Ils payent directement l'impôt à la couronne royale, et les Indiens, qu'ils évangélisent pacifiquement sont sous leur autorité. Un système social des plus original va pouvoir voir le jour en plein cœur de la jungle. Les différentes charges sont confiées à des Indiens élus, mais le plus haut placé est nommé par les Jésuites, qui ratifient et ont le dernier mot lors des votes. Les Indiens vivent à l'écart des Jésuites, dans des bâtiments communs disposés selon un plan en damier. La production est équitablement répartis entre tous. Un système basé sur l'autogestion et le partage préside aux échanges entre les membres de la communauté.
L'emploi du temps se base sur la liturgie et plusieurs prières par jour, la journée de travail est de 6h, la peine de mort abolie. Les services publics sont libres et gratuits, le taux d'alphabétisation est de 100%, il y a même un système de formation professionnel. Les Indiens Guaranis développent des dons dans les domaines artistiques: musique, sculpture, danse et chants religieux. Les cultures florissantes et l'élaboration d'artefacts complexes comme des montres et des instruments de musiques permet aux missions de dégager d'énormes bénéfices.

Les restes de la façade de l'Église

Mais au milieu du XVIIIème siècle, suite à des intrigues politiques entre Espagnols et Portugais, les Jésuites doivent abandonner les missions. Les Indiens refusent, mais sont rapidement massacrés et les survivants s'enfuient dans la forêt où ils sont les proies faciles des marchands d'esclaves. A partir de là, le nombre des Indiens Guaranis ne cessera de décroître, leur patrimoine culturel, déjà mis à mal par leur évangélisation, est réduit à néant. Le Guarani est la seule langue indienne officielle d'un état sud-américain (le Paraguay), triste lot de consolation pour ce peuple tellement de fois nié et bafoué.



Les ruines sont saisissantes, patiemment et partiellement sorties de leur prison végétale. Il y a beaucoup d'émotion à voir ces murs écroulés, ces piliers enserrés dans des racines noueuses, cet immense portail présidant aux destinés de ces indiens, arrachés à la jungle, a qui l'on aura appris à fabriquer des statues de saints, des armes et des violons, à chanter les louanges d'un dieu inconnu, pour finalement les massacrer et les vendre comme esclaves. Aussi un peu d'amusement à voir que derrière les beaux discours, les Pères Jésuites se réservait des salles beaucoup plus spacieuses que les chambrettes des Indiens, et une jolie vue sur la forêt et les montagnes pendant que toutes les fenêtres des logements donnaient sur la façade de l'Église.

A la découverte du Paraguay

Nous voilà en route pour notre deuxième grand trajet, après celui qui nous a mené à Tucuman. Nous descendons droit vers Corrientes, où nous arrivons au petit matin, puis nous prenons le premier bus pour Posadas, notre étape du jour.
La ville n'a rien de spécial: grosse bourgade fatiguée, perdue au milieu de la jungle et qui essaye de se payer une nouvelle jeunesse. De la jungle, on reconnait surtout l'atmosphère moite et pesante. En quelques minutes, nous sommes trempés des pieds à la tête, errant sous le soleil de plomb de cette ville sans âme assoupie en ce début d'après-midi d'un été tropical qui n'en finit pas.

Que sont-ils allés faire dans cette galère, vous demandez-vous? La raison pour laquelle nous voulions faire étape ici ne se situe pas dans la ville en elle-même, mais de l'autre coté du Rio Parana, qui écoule ses eaux boueuses juste en bas des dernières rues de la cité. En face de ces ultimes faubourgs (qui a dit "l'autre rive?"), le Paraguay!


Pour arriver là-bas, le parcours à de quoi effrayer le Schengeien moyen. Il faut en effet prendre un bus estampillé "International", qui va nous emmener au poste frontière argentin, où nous nous faisons délivrer un certificat de sortie sous la forme d'un coup de tampon baveux sur notre passeport. Il faut ensuite courir pour sauter dans le bus (ou en attendre un autre). Le bus chargé de ses passagers plus de quelques retardataires du précédent s'ébranle et franchit l'immense pont jusqu'au poste frontière Paraguayen, où le même cinéma reprend: faire la queue, un coup de tampon, jouer des coudes pour reprendre le même bus.

Les faubourg d'Encarnation, la ville frontière sont un immense marché à ciel ouvert, où l'on trouve de tout et surtout n'importe quoi: playstation suny, baskets nyke, et tant d'autres produits d'artisanat typique chinois. De fait, les Argentins viennent en masse pour dépenser les pesos durement gagnés en saloperies plastiques à bas pris. Effet direct: le petit bout de Paraguay que nous verrons n'aura rien du chaos décrit dans les avertissement du ministères des affaires étrangères à l'attention des pauvres fous envisageant de poser ne serait-ce que le gros orteil sur ce sol maudit. Dans notre Paraguay à nous, les gens roulent en gros 4x4 de luxe,
vivent dans des maisonnettes fleuries le long de l'allée Stroessner, et vous disent bonjour quand vous passez devant. La Suisse avec des perroquets dans les jardins et des empanadas pour le repas.
Tant pis, la découverte du "vrai" Paraguay attendra un prochain voyage!

samedi 21 mars 2009

Les Vallées Calchaquiès

Le Rio Calchaqui est une petite rivière qui serpente dans la montagne au sud de Salta. Beaucoup d'agences de voyage proposent cette excursion, mais nous préférons louer une voiture pour être autonome, et descendre le lendemain jusqu'à la petite ville de Cafayate, célèbre pour ses vignobles, pour enfin remonter sur Salta le troisième jour.

Le début de cette boucle se fait sur une route nationale plutôt en bon état, et sans grand intérêt. Mais dès que l'on quitte cette route en direction de Cachi, tout change brusquement. On prend vite de l'altitude, et la plaine verdoyante cède place à des paysages incroyablement variés; la route devient une piste, et on traverse des petits rios secondaires peu profonds qui se jettent au fond de la vallée. La végétation se raréfie, les arbres deviennent des arbustes puis des buissons, et bientôt on roule entre de grandes collines recouvertes de pelouses. Seules quelques égratignures laissant apparaitre une roche rouge se détachent de ce fond vert uniforme. Au fond de la vallée, une présence humaine discrète mais continue se remarque: petites fermes, élevages de moutons, chevaux, vergers, incontournables chapelles et écoles.


On est déjà à plus de 2000 mètres, mais quand on passe le col de Piedra del Molino, à 3348 mètres, on débouche sur un désert: plus aucune trace de végétation, uniquement de la roche, schisteuse et très friable qui se fragmente en paillettes quand on marche dessus. Et au milieu de cette désolation, un groupe de lamas!


L'autre versant du col est très différent, la végétation réapparait timidement, surtout de grands cactus candélabres et des touffes d'herbes sèches et cassantes. Et la route qui montait en lacets devient la Recta de Tin-Tin, une ligne droite de 14 kilomètres qui balafre le haut plateau sur lequel nous sommes. Au bout de cette route de rêve, nous atteignons Cachi, la première étape du circuit.


Cachi est une petite, toute petite ville. Quelques milliers d'habitants somnolent dans la fournaise de l'après-midi, mais on trouve quand même une pension où rester pour la nuit et un resto sans enseigne, sans carte, mais qui nous sert le meilleur morceau de viande depuis le début du séjour. La pension s'appelle Inkañan (le chemin de l'Inca) et la gérante a la peau mate et les traits indiens: nous sommes dans le Nord-Ouest, et il y a beaucoup d'Indiens par rapport aux autres régions. C'est aussi une des régions les plus pauvres du pays, et beaucoup de ces Indiens ne vivent que grâce à la culture du piment et de l'ail.
Après le repas, on part marcher dans les environs, et notamment jusqu'au cimetière, situé comme de nombreux autres sur une grosse colline, pour être plus près du ciel. Mais c'est surtout de pouvoir profiter d'une magnifique vue sur les alentours qui nous a attiré là.

Le lendemain matin, on reprend la route pour Cafayate. Les paysages sont moins impressionnants, mais soudain au sortir du village d'Angastaco c'est un nouveau choc. On se croirait sur une autre planète, le sol à l'air d'avoir été projeté en l'air pour retomber dans un chaos indescriptible. Des formations rocheuses rappelant tantôt des files de dominos titanesques effondrés les uns sur les autres, tantôt des piles d'assiettes immenses et brisées, dont les plus petits débris pourraient aplatir notre voiture comme une crêpe.


Quand on sort de ce labyrinthe, on débouche dans la fertile vallée de Cafayate, où nous passerons notre seconde nuit dans le dortoir d'une auberge de jeunesse,et qui dispose d'une terrasse qui surplombe toute la ville. La ville est célèbre pour ses vins blancs, mais le seul que nous gouterons, accompagné d'empanadas, se révèlera buvable uniquement après ajout de glaçons!

Au matin du troisième jour, il nous faut repartir vers Salta. On se lève tôt pour profiter des lumières de l'aube, car la route nous mène au travers de la Quebrada de Las Conchas, une autre formation géologique unique. Effectivement tout au long des 50 kilomètres de la Quebrada, la nature à façonné durant des millions d'années des sculptures de roche hallucinantes, aiguilles, falaises perçées de trous où nichent perroquets et perruches, amphithéâtre naturel, lits de torrents assechés...


Finalement, on revient à Salta à temps pour rendre la voiture et prendre un bus de nuit direction Corrientes puis Posadas.

dimanche 1 mars 2009

Salta la linda

Et voilà, après deux semaines passées à Tucuman grâce à Oliv et Pat (merci pour l'hébergement ;)), l'heure des adieux arrive: eux partent vers le Sud, vers Santiago du Chili, tandis que nous remontons vers le Nord, direction Salta.
La ville est très différente de Tucuman, notamment parce qu'elle a conservée beaucoup de son âme de cité coloniale. Ce n'est pas pour rien que les Salteños nomment leur ville "la Linda" ("la Belle").
Revers de la médaille, c'est très touristique. Du coup, on joue le jeu: petit tour en téléphérique jusqu'au sommet d'une grosse colline qui domine la ville, musées, marché artisanal. On mange notre première parilla dans un resto. Rien à voir avec l'asado famillial de chez la grand-mère de Noëlia, mais assez marrant: on nous ramène à table un genre de mini-barbecue avec un petit compartiment pour mettre des braises qui gardent la viande au chaud.

Vue de la ville, ça ne se voit pas trop mais il y a des montagnes et des collines de tous les côtés.

Dimanche matin sur la place principale, une cérémonie avec des gauchos.

Mais ce qui nous amène dans cette ville, c'est surtout ses environs, et notamment les Vallées Calchaquiès. On décide donc de louer une voiture pour partir le lundi matin, et revenir à temps le mercredi soir pour prendre un bus de nuit en direction de Posadas.

lundi 23 février 2009

Quelques photos pour les curieux...

San Miguel de Tucuman

Vue de Tucuman depuis la montagne















Vue depuis le toit de l'immeuble



un exemple de supermarché













le marché couvert de Tucuman



dans les rues de Tucuman...

VIVE CATHY !!

JOYEUX ANNIVERSAIRE
MAMAN

Intermède gastronomique

Comme nous savons qu'il y a de nombreux gourmands parmi vous, voici un petit lexique franco-hispanique concernant les spécialités que nous avons dégustées:


Asado: Dantesque rituel dominical argentin incontournable, qui consiste à faire cuire sur une grille de barbecue (la parilla) une quantité rabelaisienne de viande de toute sorte (côtes de porc, viande de bœuf, cabri, boudin, saucisses, tripes...). Compter environ 2 kilos de viande par invité. Les femmes mangent un peu de salades. Lorsque le repas prend fin, au bout de 4 ou 5 heures, on peut passer au gouter, puis au repas du soir dans la foulée.

Dulce : désigne toute sorte de confiture, marmelade, gelée. On trouve du dulce de leche (lait), cayote (sorte de courge un peu filandreuse), membrillo (coing), zapallo (sorte de citrouille), batata (patate douce)...Se sert accompagné de fromage frais en dessert.

Empanadas et Sfijas (prononcé "ésfirras)": petits chaussons fourrés à la viande, au poulet, aux légumes ou au fromage. Se trouve et se consomme partout, à toute heure du jour ou de la nuit.

Gazeosas : (sodas) Un argentin moyen en consomme environ 3 litre par jour, particulièrement au cours de repas. On trouve des bouteilles de 3 litres et les bébés ont droit à des biberons de coca...

Humita : Purée de maïs et de zapallo (voir plus haut), additionnée de fromage de chèvre. Peut être servie "en chala" (cuite dans une feuille de maïs) ou "en olla" (servie dans une assiette et accompagnée d'une sauce au légumes et de piments). Délicieux.

Lomo : généreuse tranche de viande grillée, parfois accompagnée de poivrons, tomates et oignons et toujours de frites.

Lomito : sandwich de lomo. La version "compledo" contient laitue, tomates, poivrons, jambon, œuf et fromage.

Milanesa : escalope de veau très fine, panée et frite. Peut être servie "Napoletana" (avec une bonne couche de sauce tomate et de fromage) ou en sandwich.

Suprema : Equivalent au poulet de la milanesa. Trouvable sous la dénomination "Super Pio-Pio"...

samedi 21 février 2009

Un séjour à la campagne

Mercredi 18 février 2009 :
Dépassés par la ville et ses bruits incessants, nous avons décidé de partir trois jours à la campagne direction San Pedro de Colalao. C'est une toute petite ville touristique à deux heures de car, fréquentée essentiellement par des Argentins.


A notre descente du bus, il nous faut constater que la ville est effectivement tranquille, et que la saison touristique se termine tout doucement. Après un détour par le minuscule office du tourisme, on se dirige vers un quartier résidentiel un peu à l'écart de la place centrale. On trouve une "cabaña", mélange de gite rural et chambre d'hôte.


On a une salle de bain privée et on est très bien accueillis par les gérants du site. L'endroit en lui même se compose de 4 petits bâtiments de 2 chambres, donnant sur un jardin ombragée, des grandes tables protégées par un auvent. Au fond, 4 énormes barbecues, pour le sempiternel "asado". Il y a aussi une cuisine ouverte sur le jardin, et on peut profiter du réfrigérateur!
Les gérants nous offrent un maté et nous expliquent qu'ils vivent à Tucuman en basse-saison, et que seul 4 ou 5 maisons du quartier sont habitées à l'année.

On décide d'aller manger un morceau dans un des 3 restos qui bordent la place centrale, puis on va visiter le zoo local, à 6 kilomètres de là.
Il est assez miteux, avec de nombreuses cages remplies de poulet relativement communs. Mais aussi une famille de lion, et des tigres du Bengale! Malheureusement les cages sont minuscules, et certaines sont totalement bétonnées, sans végétation...Au moins, on aura pu voir des animaux sud-américains, comme des lièvres de Patagonie, des fourmiliers ou des toucans.
















Jeudi 19 février 2009 :
Le lendemain, on achète des provisions dans un improbable magasin vendant des tuyaux, des machines à laver et du jambon ou du fromage artisanal. On part pour une ballade d'une petite vingtaine de kilomètres pour aller voir un rocher sur lequel ont été gravé de nombreux symboles par une civilisation précolombienne, sans que l'on sache vraiment à quel usage ils étaient destinés: sacrifices d'animaux, voir humains, calendrier astronomique?

Rio Tipa

Piedra Pintada

Ce qui est sur, c'est que le lieu est isolé et magnifique, perdu dans la végétation, et l'on traverse plusieurs "rios" pour y acceder. On croise dix fois plus de chevaux que d'autres promeneurs. On mange sur place les provisions achetées au village.
Sur le chemin du retour, on décide de descendre le long d'un rio pour trouver un coin ombragé où se reposer.
Une fois de retour en ville, on va vider 3 carafes de limonade maison sur la place centrale. Le village est minuscule, et tout est concentré autour de cette place: église, minuscule musée-bibliothèque, boutique d'artisanat et deux bar-restaurants. Le divertissement principal des jeunes du coin consiste à tourner autour de cette place en pick-up, quad ou cheval, ou à aller jouer au billard ou à des bornes d'arcade antédiluviennes. On voit un cavalier faire des allers-retours le long des rues: c'est un livreur de courses...

Vendredi 20 février 2009 :
Le troisième jour, on se la joue cool pour se reposer un peu.
Nous allons faire un petit tour au musée - bibliothèque et de petites courses à l'artisan du coin.


On passe l'après-midi au bord d'une rivière peu profonde, à construire un barrage, à se baigner et à faire la sieste, puis on rentre par le car de 18h, retrouver l'agitation et la pollution tucumanienne.