mardi 2 juin 2009

Colonia del Sacramento (Uruguay)















Palmiers, soleil et tôle rouillée, vous êtes en Uruguay

Ne l'oublions pas, Buenos Aires est un port, qui donne sur un des estuaires les plus vastes au monde, celui du Rio de la Plata. Et puisque de l'autre coté, se trouve l'Uruguay, on ne résiste pas à l'envie de voir un nouveau pays (et de collectionner un nouveau tampon dans nos passeport). On achète donc deux billets pour le ferry et en route pour une journée d'excursion.

Bon, il y a quand même 3h de trajet, et la journée est déjà bien entamée quand nous débarquons à Colonia, minuscule cité qui a la particularité d'avoir présenté si peu d'intérêts lors des siècles passés que personne n'a jamais songé à l'envahir ni a démanteler ses remparts du 16ème siècle, ni même à macadamer ses ruelles plusieurs fois centennaires. On se balade donc dans ce musée à ciel ouvert, où le tourisme a permis à une bonne partie des habitants de se consacrer à leur dons artistiques, réels ou prétendus.
















Nous passons donc une belle journée, troublée seulement par quelques averses rafraichissantes, dans l'ignorance la plus totale de l'Uruguay "réel".

Au retour, l'orage annoncé par les averses de l'après-midi nous rattrape et c'est au milieu d'éclairs déchirant l'immense étendue d'eau trouble séparant les deux pays que nous mettront plus de 5h pour rentrer à bon port.

Puerto Madryn et la péninsule Valdès

Nous quittons Buenos Aires pour un voyage de 19h en car, direction le sud pour découvrir une réserve faunique exceptionnelle.

Heureusement, comme dans la plupart des cars que nous avons pris en Argentine, le confort est exceptionnel, bien loin de nos standards habituels: sièges inclinables et très larges, repas à bord, les heures de route à travers la morne pampa défilent et on arrive (presque) reposés à destination.

La ville la plus proche de la réserve n'a pas beaucoup de charme, elle sert essentiellement de base pour l'exploration de cette région, qui marque le début de la Patagonie sauvage. Petite ambiance de station balnéaire au rabais, glaces énormes et restaurants pour touristes.
Puerto Madryn
La Péninsule Valdes

La réserve en question s'étend sur l'ensemble de la péninsule Valdes, soit plus de 5000 kilomètres carrés. La plupart des touristes la visitent en groupe, à bord de minibus qui font escale au différents sites autorisés, la plupart de la superficie de la réserve étant interdite
d'accès pour préserver le milieu dans lequel évolue animaux marins, terrestres et oiseaux.

Nous décidons de louer une voiture, et nous prenons possession de notre magnifique véhicule rouge, sous les supplications du loueur qui nous enjoins de faire attention aux pistes caillouteuses. C'est mal connaitre mon aptitude nouvellement acquise sur les routes des Vallées Calchaquiès!

Nous partons à 7h le lendemain matin, et nous passons la journée à traquer manchots, éléphants de mer, lions de mer, nandus et quirquinchos. La cerise sur le gateau étant le spectacle d'un orque se jetant sur le rivage afin de croquer de jeunes lions de mer, tentative couronnée de succès au vu de la nuée de goélands tournant au dessus des flots rouges.
Les Lions de Mer
Quirquincho
Les Manchots
Nandu
L'orque

Nous rentrons de nuit, les yeux encore pleins de ces merveilles, étourdis de soleil et de vent, un gout d'iode dans la bouche et l'impression de s'être confrontés à quelque chose de grand, de beau, qui existe depuis des temps immémoriaux, et dont le futur semble plus que jamais compromis...

Buenos Aires

Les articles qui viennent risquent d'être un peu plus concis que les précédents, mais vous aurez au moins une idée de la fin de notre périple...

Notre étape de 5 jours à Buenos Aires s'est finalement transformé en une semaine complète, la ville étant tellement grande et intéressante. La capitale de l'Argentine est vraiment immense, et laisse une impression d'une grande ville européenne, au moins dans les quartiers touristiques du centre. Ces quartiers sont très différents, et reflètent bien les différentes vagues d'immigrations.


Quelques impressions, impossible de résumer une semaine d'exploration de ce dédale de rues scarifié par d'immenses avenues, sillons tracés au détriment des anciens bâtiments, et de leurs occupants: la plus grande serait la plus large avenue du monde, trois blocs de large pour plusieurs kilomètres de long...


San Telmo : quartier bobo en plein essor, 50% d'antiquaires et 50% de boutiques de fringues branchouilles hors de prix, même pour notre pouvoir d'achat européen. Un petit reste d'atmosphère artistique, un petit vent de liberté qui s'essouffle peu à peu, mais qui sauve la ballade.


La Boca : îlot touristique noyé dans un des quartiers les plus pauvres et plus dangereux de la ville. On y restera que quelques minutes, le temps de voir des hordes de touristes se presser pour manger dans des restos trois fois plus chers que dans le centre, au milieux d'autres touristes, tous ravis de se faire déverser dans les oreilles des décibels de tango et d'acheter des tableaux made in china typiques d'artiste locaux, à un jet de pierre des bidonvilles.


Retiro : le quartier qui à force de parisianisme a finit par concentrer tous les défauts de la capitale française, hôtels de luxe et bijouteries, mais pas un supermarché, ni un bistrot où se reposer.



Puerto Madero : l'ancien quartier du port, mal famé il y a encore 10 ans, mais dont on a expulsé les pittoresques sans-abris et autres marins en vadrouille, pour rénover les deocks en une succession de restos branchés, et naturellement hors de prix.


La réserve Naturelle...










Les Porteños ont la chance de profiter d'une réserve naturelle aux portes de la ville. Cet immense parc a été gagné sur le fleuve, et est vierge de tout agitation ou construction. On quitte avec soulagement l'enfer urbain tout proche pour aller se balader le long des berges, au milieux des roselières et des petits oiseaux.





Vous l'aurez compris, Buenos Aires s'apprécie hors de sentiers battus, loin des convenances touristiques. Cette ville se savoure à chaque coin de rue, dans les quartiers décrépis pas encore boboïsés, dans les petites échoppes où règne un joyeux bordel, dans son minuscule quartier chinois, dans les marchés couvert dont l'hygiène douteuse des étals conjure le spectre de l'européanisation forcée, au risque de perdre ce qui fait l'âme de cette ville, profondément argentine sous sa couche de vernis tape-à-l'œil, golden boys gominés et fausse rolex au poignet.