lundi 6 avril 2009

Puerto Iguazu

Trêve de leçons d'histoire, nous nous dirigeons maintenant vers une des merveilles du monde naturel, les Chutes d'Iguazu, et accessoirement la Mecque du tourisme argentin. Ayant pour ma part (Victor) déjà visité les chutes du Niagara, j'avais encore en tête le souvenir , atrocement défigurées par tout ce que le mercantilisme a pu jeter de pire de part et d'autre du site.
Les Argentins ont-ils plus de considération pour leur patrimoine naturel? Au final, l'impression est mitigée....
Puerto Iguazu est une ville de carton pâte uniquement destinée à être le point de convergence des touristes qui ne viennent dans cette partie isolée de l'Argentine que pour voir les chutes. Tant pis.


Mais heureusement, le site est plutôt bien mis en valeur. Les infrastructures, qui effrayent un peu en arrivant, sont totalement invisibles des chutes. Malgré l'heure matinale, a laquelle le car nous emmène, l'entrée du site est plein. Une fois passé l'entrée, la plupart des touristes s'arrêtent tout de suite aux boutiques de souvenir et aux snacks qui forment la première ligne de l'immense machine touristique. De ce point, plusieurs sentiers et un petit train écologique (il fonctionne au gaz naturel !) mènent aux chutes, distantes de quelques kilomètres. Nous marchons dans l'épaisse végétation, en espérant apercevoir quelques animaux exotiques, mais le sentier pavé ainsi que les deux greluches américaines qui nous précèdent en jacassant nous font vite oublier nos rêves d'explorateurs de la jungle.

Nous décidons d'aborder les chutes par le dessus: une passelle de 500 metres de long avance au-dessus du fleuve, jusqu'à une échancrure appellée "Gorge du Diable". A cet endroit, le fleuve est très calme et peu profond, mais des caïmans et les restes d'une précédente passerelle emportée par une crue nous rappellent que la nature reste sauvage.


C'est presque un choc quand, sans que l'on s'y attende, la surface du fleuve semble se déchirer sous nos pieds. Tout le long d'un arc de 3 km, le fleuve se précipite 80 mètres plus bas, dans un fracas assourdissant. Les eaux du fleuve se divisent en plusieurs cataractes qui se rejoignent plus bas dans un nuage d'écume. Nous sommes totalement dépassés par cette cathédrale aux piliers liquides, qui hurle un cantique à la gloire des forces de la nature. Ce n'est pas un hasard si les indiens Guaranis l'ont divinisé: M'Boi, le dieu-serpent, qui s'écoule paresseusement mais qui, un jour de colère à déchiré le lit du fleuve d'un coup de queue.


Le reste de la visite se fera en explorant les différentes pistes qui parcourent les environs des chutes, permettant d'avoir différents points de vue. A part des oiseaux et un serpents, nous croiserons quand même des animaux (presque) sauvages: des petites troupes de coati, qui viennent effrontément quémander auprès des touristes.


En sortant, nous croisons beaucoup d'indiens qui vendent des petites figurines en bois grossièrement sculpté, serpents, coatis, jaguar, oiseaux... Ces hommes, ces femmes avec leurs bébés sur leurs genoux, n'ont pour seule subsistance que le produit de cet artisanat naïf, vendant des images de leurs divinités, pendant que les descendants de ceux qui les ont dépossédés de leurs terres font de même, mais à une toute autre échelle.

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